Des places à tout prix

À la Place du Marché, les conditions liées à la proximité du lac ressemblent à celles du projet de parking d’Entre-deux-Villes ; le coût de construction devrait donc être du même ordre. De plus, la place est un patrimoine protégé, ce qui oblige à placer ascenseurs, escaliers, rampes pour les voitures en dehors du périmètre. Cela augmentera la facture et défigurera les rues adjacentes. Les 102’000 francs par place sont donc un prudent minimum qui annonce un gouffre financier. Qu’en sera-t-il du prix du stationnement ?

Chiffres tirés des documents officiels des communes

Avec un coût sans l’aménagement de surface de 80’000 francs par place, le parking sous la Place du Marché serait déficitaire, de l’avis même des initiants. En effet, c’est Philippe Oertlé, président du comité d’initiative qui le déclare dans le 24 heures du 15 février 2018 : « D’après nos contacts, il faut compter entre 40’000 et 50’000 francs par place pour que cela reste rentable ».
Pourquoi s’obstiner ?

Partenariat public-privé, la solution miracle ?

Le financement par la commune d’un projet tel que le parking souterrain de la Place du Marché semble exclu au vu de l’état des finances. Les partisans de l’initiative proposent donc un partenariat public-privé (PPP).

Toutefois, aucune entreprise privée n’investit des millions pour le seul bien commun, des bénéfices doivent être assurés. Les trois exemples ci-dessous le montrent.

  • La multinationale candidate à construire et gérer un parking souterrain à Entre-deux-Villes, sous la forme d’un PPP, annonçait qu’elle exigerait aussi la gestion et les recettes du parking du Panorama pour atteindre une rentabilité suffisante.

  • À Yverdon-les-Bains, la commune garantit au partenaire privé un chiffre d’affaires de 2,5 millions par an. Pendant 10 ans, chaque année où ce montant ne sera pas atteint, la commune devra verser 150’000 francs au partenaire privé. De plus, elle a dû augmenter le prix des places en surface dans tout le quartier.

  • À La Tour-de-Peilz, la construction du parking des Remparts était au bénéfice direct de Coop et Migros, qui ont payé chacun un tiers de la construction.

Qui à Vevey jouerait ce rôle de partenaire ? Les commerçants de la vieille ville ? On peut en douter.

Si un parking devait se construire à la Place du Marché sous la forme d’un PPP, on peut parier que la commune devrait renoncer à la maîtrise de ses places de stationnement et que les revenus de ce parking reviendraient entièrement au partenaire privé, les recettes publiques seraient diminuées d’autant. Loin d’être une solution miracle, le PPP ressemble plutôt à un mirage.

Si c’est évident, pourquoi n’est-ce pas encore fait ?

Les partisans de l’initiative prétendent que leur proposition est évidente, que l’emplacement est parfait, que les travaux ne posent pas de problème et que la rentabilité est assurée. Alors comment se fait-il que depuis plus de 30 ans qu’on parle d’un parking souterrain à la Place du Marché, il n’y ait eu aucun projet concret de construction ? Comment se fait-il que les investisseurs privés n’aient pas débarqué depuis longtemps en masse, attirés par le bon filon ? N’est-ce pas parce que ce projet n’est ni simple ni rentable ?